Historique de 2008 à ce jour ...

2019

Nous voici au Nicaragua depuis presque un mois
 
Le voyage s'est bien passé et nous n'avons eu aucun soucis aux frontières mais je dois avouer que nous avons été " interrogés  " de manière assez directe à l'entrée du pays par les autorités quant à notre séjour ici , motif, notre appartenance à une ONG , quels sont nos contacts sur place ...
J'ai pu glaner des d'informations auprès de notre coordinateur ainsi que de certains amis sur la situation du pays car la presse et les medias en général déforment la réalité ou alors ne peuvent publier des propos anti gouvernementaux , tout est très très contrôlé . 
Après un an de crise, Daniel Ortega , le Président en place depuis 2006 brigue un nouveau mandat , il  reste fermement accroché au pouvoir .
 Nicaragua est dans une crise économique, sociale et politique très grave. Une violente répression a fait de nombreux morts ( on ignore le chiffre exact ) essentiellement parmi les opposants, impossible de dénombrer le nombre de disparus , des centaines de personnes sont emprisonnées - ou mis en résidence surveillée-  pour avoir participé aux manifestations , ici on dit  " las marchas " et plus de 50.000  nicaraguayens ont quitté le pays ; les pays voisins ont de sérieux problèmes car ne sont plus vraiment en capacité d'accueillir tous les réfugiés.
 La crise a bien sur plongé le pays dans une récession , le prix des produits a flambé. 
C'est un régime népotisme et corrompu ; les journalistes critiques du régime d'Ortega sont accusés de terrorisme  et conspiration et placés en détention préventive. 
100 % Noticias, une chaine du cable a été fermée par le gouvernement, cette chaine est l'un des médias de pointe dans la couverture de la crise que traverse le pays depuis le début des manifestations. 
On réduit ainsi au silence des voix importantes. 
Un évêque a  du quitter le pays il y a quelques jours pour Rome car menacé de mort pour avoir dénoncé l'oppression dont souffre tous les opposants.  
Une autre presse " La Prensa "  n'a plus accès au papier ni à l'encre. 
C'est bien une violation du droit fondamental à l'expression. 
Autres exemples :
Les médecins qui soignent les blessés de  " las marchas " sont licenciés; on manque de médicaments et de matériel dans les hôpitaux.
Les personnes très pauvres reçoivent habituellement une aide alimentaire de la mairie de leur localité, aujourd'hui pour prétendre à cette aide il faut appartenir au gouvernement en place.
Un supermarché à Jinotega n'est plus approvisionné car les grossistes sont dans l'opposition.
Les rues sont militarisées - police et armée - et personne ne s'avise à trainer la nuit à cause des nombreux contrôles. 
Liseth , mon amie qui est comptable à l'hôpital public n'est pas autorisée à parler de ses opinions politiques. Elle fait partie d'un groupe religieux et doit faire profil bas car des représentants de l'Eglise qui ont tenté de servir de médiateurs entre le gouvernement et l'opposition ont tres  vite quitté la table des négociations car le gouvernement ment , amène quelques propositions mais ne les respecte pas.
Aujourd'hui prêtres , évêques brandissent le drapeau pendant les processions de la semaine sainte comme une provocation face aux politiciens ce qui augmente le climat de guerre civile. 
 Le gouvernement a aussi refusé  la proposition de l'opposition d'inviter la Commission des Droits de l'Homme et le Haut Commissariat aux Droits de l'Homme - ONU - comme garants des accords sur le rétablissement des droits humains dans le pays. 
Notre coordinateur a été nommé Directeur de Caritas au Nicaragua il y a quelques mois ; il m'a expliqué que l'argent versé pour des projets dans ce cadre là était dénommé de manière différente pour éviter des problèmes à savoir que de nombreuses ONG ont été expulsées. 
Nous n'aurons pas de problème car sans étiquette politique ni religieuse. 
Je travaille tous les jours dans .......une maison de retraite  ( le centre de soins est trop éloigné de l'endroit où nous vivons et pas de transports en commun ) un endroit très pauvre mais plein de bonté et de gentillesse dans des locaux très propres. Les résidents eux aussi portent des vêtements propres. La nourriture est un peu juste mais bon il y a toujours quelques  haricots et des tortillas et un peu de fromage et des oeufs,
Ma collègue de travail est une jeune IDE  très professionnelle et consciencieuse. Les résidents qui son accueillis sont des personnes sans famille et sans domicile. L'état apporte una petite subvention et la directrice frappe à toutes les portes pour obtenir une aide si minime soit elle. 
Je passe sur les détails quant au matériel que nous utilisons à l'infirmerie ....il faut économiser sur tout. 
Les soins : aérosols, pansements d'ulcère, plaies et contusions ou soins de cicatrice suite à une intervention.
Nous distribuons les TTT et ce qui prend beaucoup de temps,  c'est la préparation dans de petits sachets . 
Le salaire de l'IDE :  212 dollars 
Le personnel qui s'occupe des résidents ( sans qualification aucune ) : 100 Dollars . 
Le soir je donne un cours de soutien en anglais à un petit groupe motivé. 
Jean-Jacques suit le projet , un réseau d'eau , avec Victorino de l'association AVODEC , la mentalité et la vitesse d'action sont bien différentes ici , tout prend beaucoup de temps. 
Nous savons conjuguer le verbe " attendre " à tous les temps. 

 

 

 

 

L’EAU C’EST LA VIE

« C’est une joie indescriptible pour toutes les familles quand elles ouvrent pour la première fois leur robinet et que l’eau coule sans discontinuer »

 

 

 

La fin de notre séjour 2019 approche ...

 

Au Nicaragua le climat politique est toujours très tendu. La population inquiète ne s’aventure pas à exprimer ses opinions ni à sortir la nuit.

L’avenir du pays est très incertain.

L’objectif 2019 de notre association a été le financement d’un réseau d’eau pour répondre aux besoins des populations en danger.

Nous sommes arrivés à un accord avec les villageois de El Jobo ( cf 1 er volet du CR)

Les travaux s’échelonneront sur deux voire trois mois. Un comité de gestion a été élu afin d’assurer la bonne marche du système ainsi que sa maintenance. AVODEC avec qui nous avons élaboré le projet est une association locale, elle est le relais de nombreuses actions de coopération dans le pays en matière d’aide au développement.

La bonne connaissance du problème d’eau au Nicaragua nous a paru un atout pour travailler en collaboration avec Victorino, le responsable et son équipe.

En effet notre coordinateur le Padre Franscisco nommé responsable à la tête de Caritas au Nicaragua n’a plus la disponibilité ni pour préparer les projets ni en assurer le suivi. AVODEC assure donc le pilotage global du projet du fait de ses compétences en la matière et apporte le soutien financier à hauteur de la moitié du coût total.

 

Les micro-projets réalisés

 

La Senora Paola Rivera n’a pas eu l’autorisation de la mairie pour un raccordement au réseau d’eau potable, chacune des autorités se renvoyant la balle ; il fallait aussi l’autorisation d’une des voisines pour passer sur son terrain mais comme il y a conflits de voisinage les négociations furent longues mais ont abouti au bout de 15 jours.

L’association prendra en charge la consommation d’eau de la Senora Paola mais aussi celle de la maman d’Andy pour une durée d’un an (la facture d’eau pour les deux familles s’élèvera à 6 euros/ mois) En effet le raccordement se fait à partir de sa maison. Comme le projet de réfection du toit n’est pas possible, du moins cette année (coût trop élevé) nous avons pensé qu’une aide pour payer sa facture d’eau (à savoir qu’elle n’a pas payé depuis plus de deux mois et qu’elle risque la coupure au bout de 3 mois de non-paiement) serait la bienvenue.

Durant ces semaines Jean-Jacques a pris en charge le suivi des projets et l’achat du matériel pour les micro-projets.

Quant à moi j’ai travaillé au Hogar San Vicente de Paul à Jinotega. C’est une maison de retraite qui accueille 60 personnes âgées ; des indigents sans famille qui souvent vivaient dans la rue avec des antécédents de maladies psychiatriques ou alcoolisme.

Comment « survit « cette structure ? l’Etat apporte une aide très minime et l’Eglise de Jinotega aussi soutient le hogar. La directrice Dona Eva se bat au quotidien pour que les résidents puissent être soignés et puissent manger mais aussi pour payer son personnel. Les repas ne varient guère :


 

quelques frijoles (ces fameux haricots rouges) du riz, une tortilla (galette de maÏs ) du café parfois un peu de cuajada ( un fromage local ) un peu de crème fraiche s’il y a , un œuf et rarement de la viande.

J’ai travaillé avec Yoselin, une infirmière avec de grandes qualités humaines, professionnelles et relationnelles. Un médecin consulte une fois/semaine.

Les médicaments arrivent au compte-goutte, J-Jacques a été sollicité pour faire la comptabilité, trier et ranger le petit stock avec la responsable de la pharmacie.

Yocelin m’a briffée sur l’économie quant au matériel de soins. Les résidents, très attachants m’ont témoigné beaucoup d’affection, j’étais la « doctorcita gringa « Ce fut une belle aventure humaine dans un endroit simple et dépouillé, avec une population vulnérable et démunie.
 

Au vue de la situation au hogar nous avons décidé d’apporter une aide à travers l’achat d’ustensiles de cuisine, une cuisinière, le carrelage pour rénover le sol de la cuisine qui est dans un état déplorable ainsi que la prise en charge de la main d’œuvre.

 

 

Espoir d’un nouveau réseau d’eau pour 2020

 

 

En fin de séjour Maria, une employée du hogar nous a invités à nous rendre dans son village (un petit hameau qui fait partie de Jinotega ) Elle a souhaité nous rendre attentifs à la problématique, une fois de plus, de l’accès à l’eau. Aujourd’hui il y a un puits avec une pompe bien sur insuffisante pour amener l’eau aux habitations éparpillées. La plupart des maisons n’ont pas d’eau du moins toutes celles qui se trouvent en hauteur par rapport au village. Nous avons parlé avec le coordinateur du village qui nous a sollicités pour une aide à la rénovation du système afin que la population ait accès à l’eau.

Une fois de plus nous nous rendons compte que l’accès insuffisant à une eau potable constitue une sérieuse entrave au développement du pays. Jean-Jacques a parlé avec Victorino (qui connait l’endroit) afin qu’une étude de projet soit faite ces prochains mois pour peut-être voir naitre un projet toujours en collaboration avec AVODEC.

 

 

  

  L’info du jour

 

Et je terminerai par vous rapporter que nous avons passé une journée chez nos chers amis à Wamblan. Cette excursion nous a permis de revoir les villageois, nos filleuls et le responsable du hameau «la Fortuna 2 « qui s’est empressé de nous dire que les animaux envahissaient la cour de l’école et que quatre rouleaux de grillages permettraient d’installer une clôture. Bien sûr nous avons accepté et fait l’achat immédiatement.

 

 

 

Merci pour votre formidable et fidèle soutien à notre association

Que ferions- nous sans vous et sans votre aide ? Ces projets cités dans le compte-rendu ont été possibles que grâce à vous !

Merci de la part des villageois de El Jobo

Merci à l’association AVODEC de Jinotega pour sa collaboration au projet

Merci de la part de Dona Eva, responsable de la maison de retraite

Merci de la part du Padre Chavarria

Et un merci très humble de notre part à chacun d’entre vous.

Jean-Jacques et bibi

 

 

 

 

 

 
 
 

2018

Cette année nous n’avons pu nous rendre chez nos amis au Nicaragua pour les raisons d’instabilité politique , nous avons donc décide d'aider l'orphelinat  Salomon Klein, Cochabamba, Bolivie

 

 

 

Ce centre d’accueil a été fondé en 1979 par Mr Salomon Klein.

A l’origine c’était une petite garderie pour les enfants dont les mamans travaillaient. Emma Rojas, aujourd’hui Directrice du centre, avait débuté en tant que volontaire à cette époque.

En 1991 le hogar fusionnait avec la Fondation Amanecer gérée par des religieuses ; Emma a travaillé avec cette institution.

En 2012 la Fondation Amanecer s’est retirée du hogar Salomon Klein et Emma a pris le poste de directrice du centre.

 

 

 

Comment les enfants arrivent à SK ?

 

Aujourd’hui 136 enfants sont accueillis, ils ont entre quelques jours (voire quelques heures) et 6 ans, sauf quelques- uns plus âgés pour cause de déficiences mentales et dont aucune structure ne veut. Certains sont trouvés dans la rue, près de décharges, dans des endroits publics, églises ou transports en commun ; d’autres sont retirés de la garde parentale suite à de mauvais traitements, manque de soins, violences physiques / psychologiques, viol, agression sexuelle, tentative d’infanticide, alcoolisme et/ou drogue. Très souvent ce sont les voisins qui alertent les pouvoirs publics ou la police ; les enfants sont alors dirigés vers l’hôpital pour un bilan si besoin ou bien arrivent directement au centre. Tous les enfants sont référés par les instances gouvernementales officielles de l’Etat ; Il s’agit du SEDGES , tribunaux pour enfants, médiateurs départementaux ainsi que le département de la protection de la famille. Les enfants déterminés par les agences gouvernementales des services sociaux et les tribunaux comme légalement abandonnés ou orphelins sont éligibles pour adoption. Pour les enfants retirés de la garde parentale, l’assistante sociale et la psychologue travaillent avec les parents ou un membre de la famille susceptible d’accueillir l’enfant pour savoir si les conditions sont requises pour un retour à domicile. Il existe depuis peu « une école des parents où on donne quelques conseils en matière d’éducation et prise en charge. L’institutionnalisation constitue un moyen de protection transitoire qui doit être le plus court possible.

 

 

 

 

Salomon Klein, institution à but non-lucratif, prend en charge les enfants sur le plan sanitaire, social, éducatif avec l’objectif de les mettre en sécurité et leur apporter une qualité de vie. Les enfants ne reçoivent pas seulement de la nourriture, des vêtements, un abri et beaucoup d’amour mais reçoivent également une éducation.

De 3 ans à 6 ans ils passent d’une classe de Montessori à une classe de pré-kinder, les plus grands en âge d’aller au primaire fréquentent l’école public du quartier. De nombreuses activités sont organisées tout au long de l’année et les enfants prennent un immense plaisir à chanter et danser.

 

 

 

Le personnel est en nombre insuffisant et quelques rares bénévoles viennent aider les éducatrices qui sont débordées.

 

Mon expérience.

Je travaille depuis près de 10 ans à Salomon Klein en tant que volontaire, Jean-Jacques m’accompagne depuis quelques années, il fait de la maintenance car la maison est ancienne et nécessite d’être rénovée, rafraichie etc …

J’ai une affection particulière pour cet endroit, un respect et une admiration pour la Directrice Emma ainsi que pour son personnel.

Les membres du comité de l’association Tierra de Nicaragua ont décidé d’apporter une aide financière pour l’achat de lait.

 

Le gouvernement donne un dollar/jr/enfant ce qui est loin d’être suffisant. Le nombre d’enfants abandonnés continue de croitre notamment dans le département de Cochabamba. Cela s’explique par le taux d’alcoolisme important, l’addiction à la drogue et à la colle, les familles déstructurées et ce sont les jeunes enfants qui souffrent de ces situations et qui sont exposés à des risques graves tant physiques que psychologiques et morales et deviennent les victimes potentielles de toutes sortes d’agressions.

70 enfants vont bénéficier de notre aide.

Le lait « NAN « est destiné aux nouveaux -nés et petits il contient des probioticos et des vitamines (qu’on ne trouve pas dans les autres laits) ces éléments permettent d’éliminer les toxines des drogues et de la colle ingérées par la mère durant la grossesse et qui sont passées dans l’organisme du bébé.

Le lait « PIL « est réservé aux enfants de plus de 7 mois, très proche du lait maternel, il est très bien toléré et contient de nombreuses vitamines.

 

 

 

Emma Rojas la directrice, tout le personnel de Salomon Klein et moi-même remercions les adhérents de l’association Tierra de Nicaragua pour votre générosité.

 

Grâce à vous les enfants peuvent bénéficier du lait, indispensable à leur santé.

 

Bibi Faurie.

Vice- Présidente de l’association Tierra de Nicaragua.

 

 

 

 

 

COCHABAMBA/BOLIVIA 15/12/2018

2017

 

 

Sur les chemins de l’école

 

Extrait du discours d’un professeur de la comunidad El Jilguero lors de la despedida. (fête d’adieux la veille de notre départ.

 

 « Pour nous ce fut une immense joie et un honneur de vous recevoir dans notre hameau. Au nom des villageois, je voudrais remercier tous les membres de l’association Tierra de Nicaragua pour l’aide apportée à travers la construction de l’école. Nous n’osions croire à ce rêve, ce rêve devenu réalité. Nous sommes si démunis ici, il n’y a aucun moyen d’acheter du matériel scolaire et lorsqu’il pleuvait il fallait très vite mettre à l’abri et ranger cahiers et livres et attendre que la pluie cesse. Grâce à l’association Tierra de Nicaragua, au Padre Francisco qui a entendu nos suppliques nous avons une école digne de ce nom pour accueillir nos 73 élèves. Jean-Jacques et Bibi nous ont offert leur amitié et leur affection spontanément, ils sont venus nous rendre visite l’an dernier pour élaborer le projet et cette année pour voir notre école mais aussi pour aider la petite Griselda et sa famille grâce au don d’un fauteuil roulant. Cette petite fille de 4 ans est handicapée physique de naissance. Ce soir je suis remplie de joie mais aussi pleine de nostalgie et de tristesse car vous nous quittez. Tout le village a une grande affection pour vous ainsi qu’une immense reconnaissance. Nous ne connaissons pas la France, pour nous c’est un endroit tellement éloigné du Nicaragua mais nous avons la chance de vous avoir ici avec nous aujourd’hui. Toute notre gratitude pour toutes les personnes qui ont travaillé à la réalisation de ce beau projet. 

 

 

 

         Dsc 218                                               Dsc 0138              

         ÉCOLE EL JILGUERO (CONSTRUCTION 2016)                                                          GRISELDA AVEC SON FAUTEUIL (UNE JOIE INDESCRIPTIBLE !

 

 

Une despedida est organisée chaque année et permet de partager un petit repas avec les villageois de Wamblan mais aussi réunir les acteurs des projets réalisés sur les différents sites. Cette année ce fut particulièrement émouvant car les représentants des comunidades ainsi que des villageois, invités par le Padre, se sont déplacés - 4 à 5 h à pied - pour nous témoigner toute leur reconnaissance. Chacun a pris la parole pour nous remercier avec des mots simples sortis du cœur. Des groupes d’enfants ont dansé, ont chanté et nous ont entraînés sur la scène dans un joyeux tourbillon.

 

 

 

                        Dsc 0004                 Dsc 47

 

 

 

 

 

Bernardo Rives auteur-interprète a pris sa guitare et a fredonné cette émouvante chansonnette :

 

 Dsc 0073

 

 

Ceci est mon pays Nicaragua

Le pays où je suis né

Et Wamblan , mon petit village

Où j’ai grandi.

Il a beaucoup de cicatrices

Que le passé nous a laissé.

Jean jacques et Bibi s’en vont

Nos salutations s’en vont

Vers ceux qui sont là-bas.

 

Arrive depuis la France

Cette association

Tierra de Nicaragua

Donner leur cœur

Et construire des écoles

Dans des petits hameaux

Qui sont dans la pauvreté

Et dans la difficulté.

 

Aujourd’hui nous célébrons

Cette despedida.

Que Dieu protège leur vie

Leur famille

Et l’association

Tierra de Nicaragua

Et leur grand pays.

 

Nous vous remercions

Pour votre collaboration.

Que Dieu vous bénisse.

La comunidad La fortuna 2

Demande à Dieu 

Protection pour vous deux.

 

Nos grandes sorties, que ce soit à El Jinguer ou La Esperanza, à chaque fois environ 4 heures chacun sur sa mule, furent un enchantement. J’ai eu quelques frayeurs sur ces chemins escarpés mais j’ai tenu bon. Quant à la mule de Jj elle décidait parfois d’escalader le flan d’une colline car elle avait repéré de belles touffes d’herbes loin du sentier.

Nous avons longé le rio Zapote, traversé des plantations de bananiers, de café, de maïs, orangers, croisé des enfants sur le chemin de l’école et parfois nous faisions un petit arrêt dans une finca où on nous invitait à savourer une délicieuse orangeade de chia.

Arriver dans ces comunidades c’est comme arriver au bout du monde. Des évènements qui ont une importance capitale dans le monde entier passent presque inaperçus dans ces petits villages de montagne.

 A El Jilguero les élèves et leurs parents, les tout petits et les anciens, ils sont tous là à nous attendre. Nous reconnaissons quelques visages, les professeurs sont dans une des deux salles de classe et un panneau à l’entrée -Bienvenida a la Asociacion Tierra de Nicaragua-  témoignage de cette fraternité et de l’amitié pour nous. Nous sommes émus devant ces visages d’enfants qui nous observent, curieux, timides voire un peu apeurés.

 Oui, l’association qui a financé la construction de l’école c’est eux semblent t’ils dire ! Lors du discours de bienvenue, le professeur disait « dans quelques années les enfants de nos enfants diront c’est Tierra de Nicaragua, une association française qui a réalisé ce projet « 

 

 

                  Dsc 0007 2                        Dsc 0096

 

 

 Notre association s’est donnée comme priorités l’aide à l’éducation et l’accès à l’eau. Depuis 3 ans nous avons atteint ces objectifs.

 Cette année 2017, la comunidad « La Fortuna 2 » aura SON école. Les choix se font toujours en coordination avec le Padre et les délégués des villages en fonction de l’accessibilité du site (important pour l’acheminement du matériel) le nombre d’élèves qui fréquentent l’école, la coopération des parents d’élèves (ce sont eux qui travaillent à la construction avec Antonio, le maître d’œuvre).

Dans ces coins reculés de montagne, la population n’attend plus grand-chose du gouvernement (qui priorise les projets dans la capitale et les grandes villes) ces familles pauvres se contentent de peu pour vivre, pas d’électricité, pas d’eau sauf parfois un ruisseau qui contourne le village. On ne meurt pas de faim au Nicaragua, non, mais on ne mange pas toujours à sa faim. Depuis 3 ans maintenant nous partageons avec vous cette immersion dans ces hameaux reculés ; auparavant nous travaillions dans le village même de Wamblan. Avec beaucoup de pudeur et de simplicité nous sommes devenus riches de cette immersion réussie à travers les échanges humains, l’écoute et le partage dans ces micro-agglomérations d’habitations.

 

 

 

                    Dsc 0233            Dsc 0024

 

 

 

Il nous parait également très important d’aider cette population d’avoir un accès à l’eau. L’eau est vitale et indispensable dans le quotidien.

En 2016 Tierra de Nicaragua a financé la construction d’un réseau d’eau à la Esperanza ; lors de notre visite cette année les délégués nous ont emmenés vers le tanque (réservoir d’eau de 2500 l) l’eau provient d’une cascade dans la montagne et sur environ 2 km de canalisation l’eau est acheminée au village.

 

      Dsc 0068    Dsc 0079    Dsc 9

COMUNIDAD LA ESPERANEA (réalisation réseau d’eau 2016 )                                     BIBI A LA DESCENTE DE CHEVAL APRES 4 HEURES

 

Grâce au réservoir d’eau et à la pose d’un robinet, chaque famille peut avoir accès à l’eau. Cette année c’est à Silva Rio Coco que le réseau sera installé (6 h en camionnette, barque et mule du village de Wamblan) 22 foyers, une école et un centre de soins bénéficieront de ce projet.

 

 

                       Dsc 0101         Dsc 48

                      SEPTEMBRE 2016 ENFIN DE L’EAU A LA ESPERANZA

 

 

Les micro-projets : Nous avons rencontré les médecins et Mazbel l’infirmière qui remercient l’association pour l’achat d’un doppler obstétrical, 2 glucomètres et une lampe pour examiner les femmes enceintes et faire les prélèvements gynécologiques.

 

Dsc 0001 3

                             MEDECIN DU CENTRE DE SOINS DE WAMBLAN SIMPLEMENT HEUREUSE D’AVOIR UNE LAMPE ADAPTÉE

 

 Nous avons pu apporter une aide médicale à plusieurs familles particulièrement démunies. Les gens n’ont aucune couverture sociale (sauf les fonctionnaires de l’Etat) et doivent donc payer les médicaments. La famille de Manchon que nous aidons chaque année à travers un colis alimentaire est particulièrement éprouvée en ce moment.

En effet Catarina Rodriguez a perdu son mari, elle est tombée il y a quelques semaines et s’est fracturée le fémur, en sachant qu’elle vit avec sa maman qui doit avoir plus de 90 ans, pratiquement aveugle (là-bas souvent on ne connait pas sa date de naissance surtout les personnes âgées) et vit avec son fils handicapé mentale et physique.

 

        Dsc 22                        Dsc 0086

ACHEMINEMENT DE DONS ALIMENTAIRES (FAMILLE DE MANCHON)

 

Nos filleuls Gaël- Eloan, Antony et Gema vont bien ; notre très chère Ana-Maria qui avait été emmenée par sa mère biologique il y a 2 ans (après l’avoir abandonnée pendant 8 ans) et dont nous n’avions aucune nouvelle l’an dernier, a été « laissée » au village par son père qui est reparti on ne sait où. Elle a été prise en charge par un couple du village.

                           

                       Dsc 0102   ANA-MARIA

 

Toutes ces réalisations et aides ont été possibles grâce à vous, grâce à votre générosité et votre fidélité.

 Les villageois de Wamblan et des petits hameaux, notre coordinateur Padre Francisco, LE COMITE DE L’ASSOCIATION  vous envoient Leurs remerciements les plus sincères et les plus chaleureux.

 

Dsc 8

 

 

BIBI & JJ FAURIE, WAMBLAN MARS 2017.

Association Tierra de Nicaragua.

 

N’hésitez pas à faire un commentaire ou donner votre avis, nous serons heureux de répondre à chacun.

 

 

 

 

 

2016

Du côté de Wamblan

Wamblan dormait à notre arrivée, vendredi soir 5 février
2016 !
Pas de comité d'accueil à cause de l'heure tardive, mais un
joli panneau de bienvenue accroché à l'entrée de la maison
du Padre témoigne de notre prochaine arrivée.

La nouvelle a fait le tour du village et des hameaux via la
radio locale, les villageois nous attendent impatiemment et
cela se vérifie dès le lendemain matin.

La piste Wiwili - Wamblan est toujours aussi cahoteuse ; sur
la banquette arrière de la camionnette on ne cesse d'être projetés d'un côté et de l'autre.
Arriver sans problème à Wamblan tient de l'exploit car l'état
de la piste endommage sérieusement les roues et il n'est pas rare d'entendre exploser un pneu.

Nous sommes très vite dans l'ambiance locale et vivons au rythme des coupures d'eau et d'électricité.
Nous retrouvons avec bonheur nos filleuls Antony, Gema et
Gael-Eloan

 

Nous apprenons les dernières nouvelles du coin : le carnet
rose, les changements de poste des uns et des autres à
l'école, à la mairie, les accidents de vie, les décès (le
vieux monsieur de Manchon a qui l'association avait fait un  
don de panier alimentaire l'an dernier) les bars et les
petites tiendas (boutiques) plus nombreux et le scoop :
l'implantation de Movistar depuis une quinzaine de jours.
Une révolution à Wamblan et ses environs qui n'avaient pas de
réseau jusque là.

Movistar est une des plus grandes compagnies téléphoniques
d'Amérique-Latine. Une grande affiche à l'entrée du village
informe la population et les recharges se vendent dans toutes
les boutiques, on trouve bien entendu des portables, du plus
simple au tactile.

Une grande majorité de jeunes et adultes possèdent un portable
et même s'ils n'ont pas de quoi acheter cette fameuse recharge
ils ont leur portable ne serait ce que pour écouter les
derniers tubes à la mode. Ce moyen de communication possède
de nombreux avantages mais aussi de sérieux inconvénients.
C'est un coût car les tarifs sont élevés - pas de concurrence-
pour les foyers qui n'ont parfois même pas de quoi manger.
C'est trop nouveau et attrayant.

A l'école les enfants arrivent avec leur nouveau joujou et
« chatte « pendant les cours. Il a fallu l'intervention
musclée du directeur pour qu'une fouille des cartables soit
faite au moment de rentrer à l'école. Nous devons bien avouer
qu'en matière de discipline, la culture latino est loin
d'égaler la rigueur de notre pays. Nous l'avons expérimentée
durant les cours d'éducation physique et d'anglais que nous
avons donnés. Ce fut loin d'être facile.
Le lendemain de notre arrivée le Padre Chico nous propose une
virée à Las Posas pour saluer la population que nous
rencontrons chaque année.
Notre première randonnée à cheval ; les premiers moments on
est un peu maladroits mais très vite on accompagne les
mouvements de notre monture.
Nous partageons le déjeuner avec les villageois qui nous
interrogent sur le travail de l'association, les habitudes
françaises, les évènements tragiques que la France a vécu ? et
on est très vite entraînés dans des discussions très animées.
Le partage des cultures est une grande richesse.
Lundi 8 février : rentré scolaire ! Nous rencontrons Señor
Noé, directeur de l'école et les professeurs pour connaître
leurs souhaits quant à d'éventuelles interventions à l'école.
Comme l'an dernier Jean-Jacques est nommé prof de sport, au
grand bonheur des élèves et moi English teacher Bibi.

 

J'ai un planning bien précis avec des élèves qui ont des
niveaux différents ; je dois préciser que les enfants, à part
quelques rares exceptions, ont peu d'intérêt dans
l'apprentissage de cette langue et que le niveau est bien sur assez médiocre.  
Jean-Jacques en collaboration avec le prof de sport a essayé
d'inculquer des disciplines différentes de celle
habituellement enseignée qui est le football, le football et
le football.
Les jeunes comme leur prof étaient ravis de s'entrainer au
basket, course à pied, saut en hauteur, course d'endurance et
pour finir le cours : un match de foot !
Le foot, très populaire même chez les filles, rivalise avec le base-ball.
Le directeur et les professeurs ont sollicité notre
association pour l'achat d'une imprimante, un matériel
indispensable pour la préparation des cours, les bulletins
scolaires, les notes d'informations à diffuser.
Nous avons accepté cette requête ; l'imprimante a été remise
avant notre départ.
Tout le personnel enseignant remercie les membres de l'association.

Nous participons à toutes les manifestations     locales et
sommes souvent les invités d'honneur.

La commune de Wamblan a organisé une féria les 13 et 14. Les
villageois de Wamblan et des communautés arrivent de toutes
parts avec leurs produits pour les vendre. Rosita et son mari
Chico qui ne ménagent pas leur peine, proposent un plat
régional au stand de la coopérative paroissiale : manioc,
viande de porc et du chou en salade.


L'ambiance est festive, des cavaliers présentent des
exhibitions, concours de chants et de danse, saut d'obstacles etc ? et même
si la sono décape les tympans les gens sont heureux de se
divertir, ils ont si peu d'occasions de sortir du quotidien.

La semaine suivante nous nous rendons à " La Fortuna 2 « qui
se trouve à environ 1h30 mn en camionnette. Les élèves et quelques parents sont regroupés devant l'école.  
Une pinata accrochée au bout d'une corde fait la joie des
enfants. La pinata est une figurine représentant un personnage
apprécié par les enfants, elle est confectionnée avec du
papier cartonné coloré. Munit d'un bâton, les yeux bandés et
faisant quelques pas de danse, les enfants tapent sur la
pinata pour tenter de la briser

Enfin au bout de quelques minutes une pluie de friandises
tombe de la figurine et les enfants se précipitent pour ramasser le plus de bonbons possible.
Nous découvrons l'école qui est un pauvre bâtiment en bois où
s'entassent une cinquantaine d'élèves, serrés sur des bancs avec comme pupitre une planche.  
Distribution de matériel scolaire

Les enfants se lèvent à notre arrivée, très respectueux et
silencieux. L'âge des enfants est très variable et le
professeur doit s'adapter pour enseigner et expliquer un cours
pendant que les autres rédigent un devoir. A côté de cette
espace que je n'ose nommer une salle de classe se trouve
"l'école maternelle " Un endroit plus démuni encore mais la
joie sur les visages des petits nous fait oublier la pauvreté
de ce lieu. Notre décision est vite prise : "La Fortuna 2 "
bénéficiera de l'aide de notre association en 2017 !

La grande randonnée à « El Jilgero » ou une belle petite histoire de 3 jours.
Nous l'attendions avec impatience !
Antonio, le maître d'œuvre est déjà sur place depuis 3
semaines. Pour nous effrayer, le Padre Chico nous informe que
ce sont 8 heures à dos de cheval, pour arriver dans ce petit hameau. Cela ne nous affole pas
car trop heureux de connaître les villageois et découvrir
l'école, peu importe qu'elle ne soit pas achevée. Au final,
notre chevauchée aura duré 4 heures et - presque- sans
douleur.
Le paysage tantôt verdoyant tantôt aride en fonction du
climat et de la richesse de la terre, est de toute beauté. La
végétation est luxuriante, d'immenses bananiers, des champs de
café, de maïs, coton, avocats.
Nous longeons et traversons plusieurs fois « El Zabote « la
rivière qui alimente Wamblan pour enfin arriver au village.  
Les villageois nous attendent, un peu impressionnés et
timides, et au milieu de ces humbles gens, notre ami Antonio.
Nous découvrons l'ancienne école; une modeste pancarte et
posée sur le toit en plastique     « Bienvenidos Asociacion
Tierra de Nicaragua », message simple et émouvant qui nous va
droit au cœur.

Enfin nous découvrons l'ancienne école et la nouvelle en
construction, On nous présente le professeur, un homme remarquable, au grand coeur qui prend en charge une cinquantaine d'élèves entre 6 et
16 ans avec les difficultés qu'on imagine. Il nous explique
sa manière d'enseigner et là on comprend tout de suite que

cette envie d'éveiller à l'éducation et d'instruire porte le
nom de vocation. Dès que la nouvelle école sera terminée, 2
salles de classe, un second professeur prendra ses fonctions  
au village. Nous traversons le village, saluons les uns et les
autres tous remplis de reconnaissance pour l'aide apportée.
Nous passons la nuit dans une posada, avec à notre porte 2
policiers, armés de fusils et pistolets pour assurer notre
sécurité: de vrais VIP (sauf que la chambre était habitée d'une centaine de cafards) La violence, les règlements de
compte et kidnappings, la présence de bandes armées expliquent
ces mesures de sécurité.

 

Le lendemain matin les enfants sont déjà là lorsque nous arrivons ; la journée commence par l'hymne national. Les
parents sont présents et nous remercient une fois de plus pour
ce beau projet « qu'ils n'avaient même pas espéré en rêve »
les enfants dansent et chantent ? nous aussi, puis nous distribuons cahiers et matériel scolaire.
Je ne voudrais pas terminer ce chapitre sans évoquer la
légende « del hombre que se cambia en mono « Cette question
sur les hommes qui se transforment en singe fait sourire mais
on y croit ferme. Chacun y va de son anecdote et de son
expérience « oui moi aussi, j'ai vu un soir ?. « Une autre
fable court dans la région : celle du cordon ombilical qui
contiendrait des petites boules qui indiquent le nombre
d'enfants que la maman mettra au monde. Les gens sont
convaincus. Pour vérifier ces dires j'ai interrogé le
personnel du centre de soins qui s'est mis à rire ! Pure
légende de temps très anciens colportée aujourd'hui encore par
les parteras « sorte de sage-femme ».
On croit très fort à tout ça là-bas à « El Jilguero ».


Nous retournons dans notre quotidien à Wamblan.
L'idée d'aller voir les travaux concernant l'installation du
réseau d'eau potable à « La Esperanza », second projet de
notre association, n'a pas été possible à cause de grosses
pluies qui ont rendu les pistes impraticables.


L'école d'informatique fonctionne bien, aujourd'hui il y a 18
PC, l'Institut INATEC (organisme d'état qui délivre les  
diplômes aux étudiants) a pris le relais quant à la gestion
des cours et la maintenance des ordinateurs. Les cours sont
gratuits. La session 2016 compte 80 étudiants.
Les demandes d'aides personnelles sont nombreuses et c'est un
véritable crève-cœur de refuser. Nous expliquons que l'association a décidé de promouvoir des projets qui
concernent une collectivité. Cependant nous sommes prêts à
apporter une aide individuelle et urgente dans certain cas. Cette année le centre de soins a reçu un don de 2 matelas.
Nous avons également remis un équipement de football et 2
ballons pour la sélection de Wamblan qui jouera cette année en
ligue régionale pour la première fois.


Nos amis de Manchon sont venus nous voir pour nous saluer et
nous offrir un poulet, ils sont repartis heureux avec une
enveloppe d'aide alimentaire.

 

Comment raconter ces confidences des uns et des autres ? Ces
vies de lutte quotidienne pour survivre, ces violences
intrafamiliales.
Souvent la pudeur empêche la plainte.  
J'ai écouté les confidences d'une enfant incomprise et mal-
aimée par sa mère, qui a un beau-père violent et une grand-
mère trop éprouvée elle- même pour aimer sa petite-fille.
J'ai tout pris en plein cœur jusqu'à ses rires de vie pas
rose ; il y a des rires qui font mal.

Les 12 et 13 mars tout Wamblan est prêt pour le 8 ème
anniversaire de la « Radio Catolica Kerigma ». Des groupes de
musique arrivent des hameaux et mettent en place la sono,
Julia, Rosita, Dona Irma etc ?? cuisinent sous une chaleur
cuisante, pendant que Señor Chouchou s'affaire derrière sa
tienda.

 

Padre Chico organise au mieux cette manifestation. Les gens
arrivent très vite des quatre coins de la région pour partager
cette fête. La radio est un média de communication très
important, il permet de diffuser des programmes religieux, des
annonces personnelles et de la musique. Elle est écoutée
jusque dans les endroits les plus reculés.
Cette fête est un joli succès et nous donne l'occasion de
retrouver des connaissance, des personnes rencontrées au
centre de soins , à la casa materna, par ex la maman de
Géraldine- Eloise qui a aujourd'hui 5 ans et dont je n'avais plus de nouvelles.

Nous arrivons rapidement au terme de notre séjour. Nous avons passé 7 semaines avec nos amis.
Les adieux sont comme toujours émouvants ; les musiciens ont
réalisé des compositions spécialement pour l'association, les
villageois sont arrivés nombreux pour partager le repas avec
nous, préparé par notre fidèle Rosita.

 

 


Ana-Julia et ses amies ont improvisé un défilé de mode.  
La sœur de Milvia a fait une prestation de danse et les
musiciens ont fait danser les invités.

Puis les au revoir !
On a du mal à se séparer.

Nous partons avec quelques regrets.
Celui de ne pas avoir de nouvelles d'Ana- Maria. Sa mère avec
qui elle vivait, a été déchue de ses droits, elle vivrait avec
sa sœur ainée mais impossible de les localiser.
Quant à Noreyda, elle n'a pu intégrer l'école malgré notre
demande expresse au directeur. Elle a plus de 20 ans et relève
d'un centre spécialisé aujourd'hui. Projet impossible à
réaliser car sa maman vit dans une grande pauvreté.

La population de Wamblan et notre coordinateur le Padre Chico remercient chaleureusement l'ensemble des adhérents pour leur
aide, leur soutien et leur fidélité.
Un grand merci aux membres du comité qui ont permis la
réalisation de ces projets si importants pour Wamblan.

Nous remercions l'ensemble des villageois ainsi que Padre Chico pour leur accueil et leur gentillesse.

 

Ecole «     El Jilguero » projet 2016 !

 

construction de l'école "RENALES LA COLONIA"

 Extrait de la lettre de remerciement : 

" Nous, les parents des élèves du hameau de la Colonia remercions tous les membres de l'association "Tierra de Nicaragua " qui ont rendu possible la réalisation du projet pour notre village.

Merci mes frères."

 

2015

Chers amis,

 

 

Nous voilà de retour à Wamblan où l'accueil est toujours aussi chaleureux et amical. Nous retrouvons avec grand plaisir les villageois heureux comme chaque année de nous revoir.

Rien ne semble avoir changé ici et pourtant quelques détails nous font penser que la vie des villageois s'est quelque peu améliorée. En effet, nous découvrons qu'il existe depuis peu un marchand de fruits et légumes dont le petit stand installé dans la rue rencontre un vif succès. A côté, se trouvent 2 petits "snacks" qui accueillent les villageois mais aussi la population qui arrivent des différents hameaux à pieds ou en camion pour faire leurs achats ou se rendre au centre de soins. Ils peuvent se sustenter de poulet grillé, tortillas et gallo pinto avant de reprendre la route.

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            Marchand de fruits et légumes                                 Snack en plein air 

 

 

 

 

Dans les ruelles, les chevaux cèdent peu à peu la place aux motos de plus en plus nombreuses. Par contre, les chiens errants, les poules, coqs et cochons animent toujours les rues de Wamblan!!

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Notre ami et coordinateur le Padre Francisco Chavarria, alias Chico, n'a pas changé et reste toujours aussi disponible et prêt à nous aider dans notre mission.

Dès lundi, nous pouvons voir les 2 maisons que l'association a pu financer grâce au don de la fondation BNP Paribas. La première maison  située dans le quartier Tierra de Nicaragua a été achetée par l'association pour la Senora Reina RIVAS, une femme seule avec 6 enfants dont des jumelles âgées de 6 ans. Actuellement la famille vit dans un cabanon. Cette maison est en bon état et ne nécessite que le remplacement du sol en terre battue par un sol en béton et une nouvelle porte pour les latrines.

 

 

 

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                            Nouvelle maison de la famille Reine RIVAS.

 

 

 

La seconde maison est en cours de construction dans le centre du village. Les bénéficiaires  sont un jeune couple qui vit en location dans une pièce unique qui fait aussi office de lieu de travail. Le jeune homme, Oscar y exerce le métier de coiffeur et barbier. Celui-ci nous remet une belle lettre de remerciements. (pj)

 

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  Le lendemain, nous avons rendez-vous avec le maire auquel nous soumettons le projet de construction d'école à la "Comunidad La Colonia El Arenal". Comme l'an dernier, celui-ci s'engage à nous soutenir dans ce projet en prenant en charge le transport du matériel nécessaire à cette construction.

 

Le même jour nous parvient une demande d'aide pour l'école de La Boca de Wamblan, hameau dépendant de Wamblan et situé à 2h30 de marche. Nous décidons de nous y rendre le lendemain. Le trajet se fait sous un soleil de plomb mais le paysage est de toute beauté. Arrivés à La Boca de Wamblan, nous rencontrons le professeur Sr Murillo et ses 25 élèves, ainsi que la maman chargée de préparer le repas des enfants ce jour-là, repas composé de riz et d'une boisson à base de flocons d'avoine (les mamans cuisinent à tour de rôle). Sr Murillo nous explique qu'il faudrait construire un bassin de rétention et remplacer les canalisations existantes mais défaillantes. Il nous fera parvenir un devis rapidement, en sachant que les travaux seront effectués bénévolement par les pères des élèves. Finalement l’idée du bassin de rétention en blocs de ciment a été abandonnée car trop onéreux, au profit de l’achat d’un tanque en PVC = réservoir d’eau de 2500 litres. Ce projet sera un bénéfice non seulement pour l’école mais aussi pour le centre de soins qui se trouve à côté de l’école, l’église du village et l’approvisionnement en eau pour une quinzaine de maisons des alentours.

 

         Img 4836 1    P3061838 small              

 

                                Avant                              Nouvelle installation en PVC  sur 1800 m

 

 

 Jeudi, l'expédition composée de Chico, du maire Don Miguel, des membres de Tierra de Nicaragua et de quelques villageois se met en route pour la Comunidad " La Colonia El Arenal". Après 2h30 de piste en 4x4, il nous faut gagner notre destination finale à cheval..! Ce périple est un pur bonheur tant notre impatience et notre excitation sont grandes et tant le paysage est magnifique.

 

A notre arrivée, nous constatons l'état de délabrement et de vétusté de l'école que nous n'avions jusqu'alors pu voir qu'en photo.

 

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                Une réunion avec les parents d'élèves (environs 45 enfants) a lieu sur place               

  

 Le Padre nous présente aux parents et aux enfants et leur explique le fonctionnement de notre association; il insiste sur l'investissement des parents dans notre projet afin de valoriser le travail et les efforts de Tierra de Nicaragua.

 

Les parents semblent très motivés et déjà organisés. 25 personnes aideront bénévolement à la construction par groupe de 5 pers/jour sous les ordres d'Antonio, maître d'œuvre de Wamblan. Ils iront chercher le sable dans la rivière, le bois dans la forêt, etc...

 

Chico demande aussi aux parents d'être responsables vis à vis de la scolarité de leurs enfants et leur demande de les envoyer régulièrement à l'école, même en période de récolte (haricots rouges, maïs, café, chia...) les enfants sont très souvent sollicités et doivent travailler afin d'aider la famille.

 

Tout le monde écoute avec respect et attention puis un représentant des parents d'élèves nous lit une belle lettre de remerciements très touchante.

(lettre traduite en pj)

 

Après notre retour au village, Antonio nous propose un devis pour l’école en blocs de béton pré-moulés. Le prix des matériaux a beaucoup augmenté et malgré la prise en charge du transport par la mairie, le coût reste trop élevé: 300.000 cordobas, soit environ 10.000 euros. Ce devis dépasse le budget initial prévu par l'association. En concertation avec le Padre Chico, Antonio et les membres de l'association présents nous optons pour une construction d'un type différent: les fondations et le sol en ciment, les murs en bois jusqu'à une hauteur d' 1,60 m environ puis une grille métallique, la charpente en bois sera recouverte de tôles de zinc.

 

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                  La future école ressemblera à celle-ci

 

 

 

Les longues conversations avec le Padre et nos amis nous permettent de comprendre un peu mieux les difficultés du système scolaire. Quelques familles comprennent l’intérêt de scolariser les enfants, pour d’autres le travail des enfants est le seul moyen de ne pas sombrer. La situation économique reste très difficile au Nicaragua et les familles ont du mal à ne pas envoyer les enfants travailler ou à confier un travail domestique aux  filles ou la garde des plus petits. Les enfants se lèvent très tôt, vers 4.00 am, pour effectuer diverses tâches ménagères ou des travaux aux champs.

 On laisse peu de choix aux enfants.

 Ces revenus supplémentaires sont indispensables pour joindre les deux bouts, pour manger.

Il est certain que le travail des enfants fait partie intégrante de la culture. Les enfants et les adolescents sont fiers de pouvoir aider leur famille et ne considèrent pas qu’ils «travaillent» ou que ce qu’ils font est contraire à leurs droits. Cependant il faut bien admettre que le travail des enfants entrave le développement physique, mental et intellectuel d’un enfant.

Même si la situation des enfants au Nicaragua est en réelle amélioration, elle est encore loin de satisfaire la Convention Internationale des Droits de l’Enfant.

La pauvreté favorise l’absentéisme scolaire et l’absentéisme favorise la pauvreté de ces jeunes qui, obligés de travailler, seront demain les parents d’enfants qui n’iront pas à l’école. Les enfants n’ont pas toujours les niveaux de nutrition et de repos indispensables pour supporter les exigences de concentration nécessaire à l’apprentissage car certains hameaux se trouvent à plusieurs heures à pied d’une école.

Les parents n’ont pas toujours l’argent nécessaire pour les frais qu’impliquent la scolarisation: cahiers, crayons et stylos ainsi que sac et chaussures et uniforme, même si ce dernier n’est pas obligatoire.

 Notre association a donc décidé comme les années précédentes de donner un coup de pouce à ces enfants qui ne peuvent pas aller à l’école pour ces raisons. 500 cahiers, crayons et taille-crayons  ont été remis dans différentes écoles notamment dans les petits hameaux où la pauvreté est plus importante.

 

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            Matériel scolaire pour l’école de la Pita 2

 

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                    Ecole la Colonia El Arenal                                                                          

  

 

Une belle rencontre.

 

Un jour un monsieur arrive à cheval à la curale, la maison du Padre. Un homme qui vient de très loin nous dit- on, un homme qui doit avoir 75 ans voire 85 ans, peu importe; il marche de manière alerte, regarde bien où il met ses pieds comme si sa vue était mauvaise.

Elle l’est.

Simplement il ne peut pas s'acheter de lunettes.

A la radio locale les habitants ont appris que notre équipe arrivait avec un don de lunettes offertes par quelques membres de l’association et par la Générale Optique de Geispolheim. Notre ami fait quelques essais et trouve une paire à sa vue.

Il faut préciser que cet homme est un féru de lecture, il plonge sa main dans un vieux sac à dos, aussi vieux que lui sans doute et sort un livre usagé mais que l’on devine bien choyé et se met à lire très fier et avec beaucoup d’aisance, content de nous avoir étonnés.

 Image étonnante dans ce décor.

 

 

 

Le sport national au Nicaragua: le Base Ball.

 Wamblan a vécu au rythme des résultats du village pendant une semaine, un tournoi qui a lieu à Wiwili ( 3h en camion ) chaque année.  Les plus passionnés ont cessé de travailler pour supporter leur équipe, et lorsque Wamblan arrive en demi-finale c’est l’effervescence, les gens suspendus à leur poste de radio rêvent quelques heures …… jusqu’à la défaite en demi- finale.

 

Et pendant que Wamblan participait au tournoi de Base Ball, nos footballeurs français, Jean-Jacques et Gaël ont animé la cour de l’école en proposant des cours  d’éducation physique, le matin avec les primaires et l’après- midi avec les groupes du secondaire; les séances  se terminaient souvent par un match de football sur insistance des élèves. Les filles sont passionnées de foot et Gaël et Jj ont rencontré un franc succès

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Deux nouveaux «arquerias «,mini-buts  de football, ont été remis au collège qui n’en avait pas, ils improvisaient des buts en bambou. Des ballons ont été remis à Karla, capitaine de l’équipe féminine.

           

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Le professeur de sport nous a alertés sur le cas de la Señora Rosa, une dame enceinte abandonnée par son mari, qui vit avec ses 3 enfants dans un quartier du village. Elle habite dans une maison « posada « qui veut dire qu’elle est hébergée gratuitement mais que à n’importe quel moment le propriétaire peut lui demander de partir. Les plus pauvres vivent de cette manière «de posada en posada «. Elle n’a pas d’installation électrique à ce jour.

Nous demandons à un électricien du village de faire le raccordement d’électricité à partir du réseau principal qui se trouve sur la route, l’installation de 4 lampes à l’intérieur de la maison et payons «el derrecho», les frais d’installation. Si elle déménage, elle pourra emmener le système qui a été installé.

Tierra de Nicaragua a également accordé une aide à la petite école « de Valle de los Terceros »,  petit bourg des environs pour financer le toit (tôles ondulées en zinc) d’une classe du pré-scolaire.  

 

 

Nos amis de Manchon, cette famille miséreuse que notre association avait aidée l’an dernier, est venue nous rendre visite la veille de notre départ, ils voulaient absolument nous saluer.

Nous avons appris qu’une petite chaîne de solidarité s’est mise en place au village grâce à Rosita pour aider la famille qui n’a aucune ressource. Nous avons remis à cette dame une enveloppe afin qu’elle puisse acheter des vivres.

 

 

J’ai continué à travailler sur le plan scolaire

avec Ana Maria.

 Dsc 0120  Elle manque terriblement d’amour et son manque de concentration peut être expliqué par une enfance difficile.  Elle a vécu au sein de plusieurs familles depuis l’an dernier. Aujourd’hui elle vit chez Christina.

Qui va l’interroger sur les détails de son travail scolaire et ses activités extra-scolaires, sur ses rêves et ses désirs?

Personne !!!!!!!!!

 

       

              Noreyda   

Dsc 0017 1    Notre amie Noreyda continue à fréquenter l’école, elle est une des nombreuses bénéficiaires de l’aide de matériel scolaire,

                                                        sa famille vivant dans une grande pauvreté.                                                                     

 

 

 

La «despedida», soirée d’au revoir fut émouvante. Certains ont pris la parole pour remercier les membres de l’association mais aussi, mais surtout pour vous envoyer un immense merci à vous, chers amis adhérents qui rendent possible ces missions chaque année.

Lino a fait rire l’assemblée, Le Padre Chico a pris la parole puis Esperanza la sous- directrice, le Padre Edwin puis un policier a dit un très beau poème. Les enfants ont dansé puis tous souhaitaient nous serrer dans leurs bras, et un baiser, et une photo, et des petits mots pliés, et des poignées de dessins…

Les cœurs débordent d’émotion dans ces moment-là.

 

Wamblan 06-02 au 01-03-2015

 

L’ensemble des projets 2015 réalisés par l’association représente 14.000 €.

Ces réalisations ont été possibles grâce à votre soutien fidèle et constant.

 La population de Wamblan vous remercie infiniment.

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          Nos amis de Manchon, fiers de poser devant l'affiche de bienvenue

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WAMBLAN 2014

 

 

 

Cette année a été une fois de plus une belle aventure humaine

 

 

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Ces quatre semaines ont passé très vite et elles ont été immensément riches.

Nous avons été accueillis chaleureusement par les villageois, cette population que nous connaissons bien : des gens souriants, heureux de nous revoir, respectueux et reconnaissants, certains exubérants, d’autres pudiques voire timides.

Dès que nous arrivons accompagnés par le Padre Chico notre coordinateur, les enfants, les adultes accourent vers nous, les visages radieux criant nos noms.

On vous attend depuis des mois semblent ils dire.
Nous leur apportons de l’amitié, un peu de nouveau dans leur quotidien mais aussi de l’espoir.

La barrière de la langue n’a semble t-il pas été un obstacle pour certains membres pour qui ce fut une première immersion à Wamblan : les regards savent remercier, reconnaissent l’ami qui vient vers eux.

 

 

 

Dès lundi nous nous rendons à la mairie.  Don Miguel a repris son poste de maire.

A Wamblan il existe deux ponts suspendus; l’un se trouve au Sud de Wamblan, le second au Nord, les deux permettent l’accès au village à partir des hameaux  qui se situent dans les montagnes environnantes.  L’un a été détruit lors du séisme en septembre 2013,
la mairie s’est engagée à prendre en charge la réparation totale de celui ci. Les travaux étaient en cours et vont se terminer sous peu.

Nous soumettons notre projet à Don Miguel en l’occurrence la rénovation du pont suspendu qui se trouve en très mauvais état. La structure qui reste en place est très dangereuse ; nous avons d’ailleurs appris que des enfants avaient chuté mais heureusement n’ont pas été blessés.
Deux ponts  permettent l’accès au centre du village ainsi qu’au centre de soins et à l’école fréquentée par plus de 500 élèves.

 

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Le devis préparé par le Padre dépasse le budget de l’association. Il a donc fallu revoir le choix des différents matériaux tout en respectant les normes de sécurité indispensable à la rénovation du pont.

Ce fut laborieux mais les efforts et la coordination des différents partenaires a permis la concrétisation du projet.

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Grâce à la participation financière de la mairie  (20 %) notre association a pu réaliser des micro- projets : achat d’un doppler pour le centre de soins, achat du matériel pour la remise en état du sol à l’école de Venado, petit hameau à environ 2 h de Wamblan, travaux réalisés par les parents d’élèves.

Achat de 4 tables et 15 chaises, cahiers, crayons de couleur pour la garderie du village.

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Nous souhaitions donner un coup de pouce à Noemie, jeune éducatrice qui s’occupe d’une quinzaine d’enfants de 3 à 5 ans.  Elle travaille dans une pièce dépourvue de meubles et de matériel. Lorsque nous sommes arrivés,  les enfants étaient assis à même le sol, en terre battue et un peu effrayés par notre présence.

 

 

 

Les enfants sont les premiers à souffrir de la pauvreté. Les aides aux familles n’existent pas. De grandes disparités sont perceptibles provoquant une inégalité des chances pour accéder à des services fondamentaux comme l’éducation. 15 % des enfants sont contraints de travailler pour faire face aux difficultés financières de leur famille ( tâches domestiques et agricoles

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Pour donner une chance à certains enfants du village qui n’avaient pas encore été inscrits à l’école – l’année scolaire débute début février – l’association a financé l’achat de 500 cahiers ainsi que des gommes, crayons et taille crayons.

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Jean-Jacques a comme les années précédentes donné des cours d’éducation physique à l’école. Nous avons remis des ballons de football et de basket ainsi que des trophées qui seront remis aux gagnants lors du tournoi annuel de football féminin inter-scolaire.

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Du point de vue de ma mission, celle de l’accompagnement scolaire,  j’ai appris la pédagogie, la patience, l’autorité mais aussi la difficulté d’enseigner dans le bruit.

 

 

2014 : l’année de la chia à Wamblan.

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Cette graine revient à la mode, le cours est en hausse et participer à la récolte est une bonne affaire. Un ouvrier peut arriver à gagner 200 cordobas / jour sachant que le salaire mensuel moyen est de 3000 cordobas.

La chia a été remise à l’ordre du jour ; des recherches cliniques démontrent  sa teneur accrue en Omega 3, elle contribue à la prévention des troubles cardio-vasculaires et aurait des propriétés anti-inflammatoires. C’est également une boisson très appréciée.

Travailler «  a la chia «  est un travail très physique.

Il faut attendre que les fleurs fleurissent puis se dessèchent avant la récolte.

Tout le travail se fait à la main et sous une chaleur accablante.

On commence par couper la chia à l’aide d’une machette à ras du sol - la tige mesure entre 60 et 80 cm de haut - une fois coupée on installe un tamis au dessus d’une bâche puis on assemble 4 à 5 tiges de chia ensemble et l’on frappe celle-ci sur le tamis , les graines ainsi se détachent de la tige passent  par le tamis et tombent sur la bâche de récupération ; les graines ainsi récupérées sont stockées dans  des sacs d’environ 50 kg.

 

 

 

Quelques nouvelles de nos amis.

 

Noreyda  a repris le chemin de l’école, ravie. Au cours de notre séjour nous avons appris qu’elle a été hospitalisée suite à des problèmes neurologiques graves.

Ana-Maria vit toujours avec le couple de personnes âgées.  J’ai appris qu’elle avait été violée par son père ainsi que ses sœurs dont elle n’a pas de nouvelles.

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Les viols et les cas d’inceste sont fréquents au Nicaragua ; une loi existe depuis 2012 pour protéger les femmes et les enfants mais elle a fait l’objet d’attaques et a finalement été réformée en septembre 2013, affaiblissant le droit des femmes. Ainsi, les femmes peuvent maintenant se trouver face à leur agresseur dans un processus de médiation et les accusés peuvent ne pas être tenus de rendre compte de leurs crimes.

Crime contre l’enfance innocente.

Dans la plupart des cas, et on nous a rapporté plusieurs faits, les auteurs bénéficient d’une impunité totale.

 

Nicaragua- Wamblan où cohabitent le beau, le dur et le laid.

 

 

Coup de cœur.

 

Avec Rosa, Francisco son mari nous allons rendre visite à 2 familles vivant dans un dénuement total.

Pour arriver dans ce coin perdu nous partons dans un très vieux  4/4,  30 mn plus tard à pied nous empruntons un chemin escarpé , traversons une petite rivière , des champs de chia de tous les côtés et lorsque je demande à Rosa :

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«  y a t-il des serpents par ici ( je porte des sandalettes ) elle me répond «  como no = bien sûr , puis «  sont ils dangereux « ?  même «  como no !!!

Nous arrivons sains et saufs.

C’est effectivement la pauvreté totale ; pas d’eau ni d’électricité, le sol en terre battue, quelques planches en bois servent de lit.

Les parents, un couple d’environ 75 ans occupe l’une des cabanes et s’occupe de leur fils, un homme de 45 ans alité depuis 16 ans.

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 Son histoire : il a été jeté hors du camion parce qu’il lui manquait 5 cordobas pour payer son «  pasaje «  le prix du voyage.

La chute a entrainé une fracture de la colonne vertébrale et un traumatisme crânien.

Il est resté paralysé et a une déficience mentale suite à la commotion.

L’auteur des faits n’a jamais été mis en cause.

La fille du couple vit à quelques mètres de là, même cahutte ; leurs 4 enfants dorment à même le sol.

Nous décidons d’acheter quelques vivres, des matelas, cahiers et crayons pour que les enfants puissent aller à l’école.  Nous ramènerons ce  matériel lors de notre seconde visite.

 

Le quotidien avec d’autres membres de l’association a enrichi notre expérience de la vie en groupe, de l’analyse des situations rencontrées et des prises de décisions.

Nous avons cotoyé des personnes aux vies humbles.

Chacun de nous a essayé d’apporter sa pierre à l’œuvre fraternelle et constructive.

Ces missions nous confirment que nous avons notre place là-bas.

 

Merci à vous tous qui rendez possible cette aide et ce soutien à Wamblan

 

 

 

 

2013

 

Date de dernière mise à jour : 02/11/2019

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